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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 17:39

 Estrosi.jpg Communiqué de Marylise LEBRANCHU, présidente de la Fédération Nationale des Élus Socialistes et Républicains

Et de Francis LEC, Délégué national à la justice et à la sécurité de la FNESR :

 

 

Depuis plusieurs semaines, et au cœur de l'été, le Président de la République et son Ministre de l'Intérieur, ont entrepris diverses opérations qui affirment vouloir rétablir la sécurité dans des zones de non droit qu'ils ont laissées se développer alors qu'il était de la responsabilité majeure de l’Etat d'assurer la sécurité des biens et des personnes sur l’ensemble de notre territoire ; un sondage récent CSA-Marianne confirme d’ailleurs que 70 % des Français jugent inefficace la politique sécuritaire menée par Nicolas Sarkozy depuis huit ans, tant au Ministère de l’Intérieur qu’à la tête de l’Etat.

 

Ces gesticulations médiatiques permanentes apparaissent chaque jour davantage comme une opération de diversion à la crise morale profonde provoquée par les « copinages-coquinages politiques » révélés par l’affaire d’Etat Bettencourt.

 

Une manifestation supplémentaire de cette stratégie vient de nous être donnée par la montée au créneau de Christian Estrosi qui, faute d’apporter des solutions au sauvetage de notre industrie, vient en matière de sécurité de rendre responsables les maires de France d’une obligation de sécurité et de prévention de la délinquance qui ne relève pas de leur ressort ; les pouvoirs de maintien de l’ordre et de police judiciaire sont en effet exercés intégralement par la Police nationale et la Gendarmerie qui n’ont aucun compte à rendre aux maires mais au seul Préfet qui représente l’Etat dans chaque département.

 

Les polices municipales n’ont ni le droit ni la capacité de se substituer à ces missions régaliennes.

 

Il est donc inadmissible pour tous les élus locaux que Christian Estrosi tente d’abuser l’opinion des Français en assignant aux maires des responsabilités qu’ils n’ont pas.

Après la réforme des collectivités locales qui aboutit à un affaiblissement de l’autonomie financière de l’ensemble des collectivités locales, on assiste aujourd’hui à une attaque frontale contre les élus locaux qui sont pourtant actuellement les véritables garants de la cohésion sociale face à une crise économique qui perdure gravement.

 

Christian Estrosi met les maires à l’index, mais il explique mal comment ces derniers bénéficient de l’estime générale de leurs concitoyens – à la différence du gouvernement actuel –, concitoyens qui sont sans doute les mieux à même de mesurer les efforts qu’ils déploient quotidiennement dans leur ville contre toutes les formes d’insécurité dans les limites de leurs compétences et des moyens dont ils disposent.

 

Il est urgent que le Chef de l’Etat et son gouvernement se ressaisissent et entreprennent de réparer les dégâts politiques, sociaux, internationaux, de leurs opérations de com’ estivale.

 

Loin de rassurer nos concitoyens sur la protection que doit leur garantir l’État, les méthodes expéditives et brutales du démantèlement des camps de Roms et de gens du voyage ou d’évacuation des squats installent une ambiance lourde et sombre dans notre pays.

 

Dans une république digne de ce nom, la fermeté et l’autorité se nourrissent du respect du droit, pas de l’arbitraire et de la violence physique.

 

 

Tout cela est honteux et doit cesser dans le pays des Droits de l’Homme.

 

 

Par En haut à gauche - Publié dans : Politique
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Commentaires

Si le sécurité et la tranquilité publiques sont effectivement du ressort du maire dans le cadre de son pouvoir de police il ne faut pas tomber dans l'amalgame avec naïveté.
La sécurité dans tout son ensemble est un pouvoir régalien : c'est à dire que seul l'Etat en a la compétence.
Certaines villes tentent de faire le maximum avec les moyens qui sont les leurs. Pourquoi alors incriminer les maires quand dans le même temps les moyens diminuent? Pourquoi avoir supprimé les policiers de proximité lesquels avaient fait leurs preuves dans les banlieues parisiennes (dialogue, échange, prévention, présence quotidienne sur le terrain).
Nicolas Sarkozy tient un double langage : lors de la préparation de la loi de finance 2010 il accusait à demi mot les élus de trop dépenser. Dans le même temps il nous demande de réparer les manquements de l'Etat (en embauchant des policiers municipaux par exemple) avec la baisse des effectifs dans la police et la gendarmerie. Un comble.
Deux poids deux mesures.
S'en est fatiguant à force.
Commentaire n°1 posté par Yohann Nédélec le 19/08/2010 à 18h47

 
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