Partager l'article ! Panique à l'Élysée: Ces deux démissions trahissent la panique qui s'installe au sommet du pouvoir, en pleine affaire Bettencourt/ Woerth. ...
Ces deux démissions trahissent la panique qui s'installe au sommet du pouvoir, en pleine affaire Bettencourt/ Woerth.
Cela s'appelle un auto-limogeage sur ordre supérieur. Alain Joyandet et Christian
Blanc savaient qu'ils seraient exclus du gouvernement à l'occasion du remaniement annoncé pour octobre prochain. Ils ont été incités à anticiper cette sanction par un chef de l'État décidément
bien nerveux. Ces départs précipités trahissent la panique qui s'installe au sommet du pouvoir et accentuent une impression de bricolage et d'incompétences. Joyandet et Blanc se sont révélés
particulièrement légers, avec ce voyage en avion privé pour 116.500euros, un permis de construire contesté et 12.000euros de cigares achetés avec de l'argent public. Mais la sanction aurait été
plus probante dans le cadre d'une purge générale programmée pour l'automne avec une double perspective acceptable de rigueur et de préparation de la présidentielle de 2012. La question que
suscite le comportement de Nicolas Sarkozy englobe ceux des autres ministres qui ont notoirement dégradé l'image de l'Exécutif et qui ne servent plus à rien puisqu'ils sont paralysés par la
perspective de leur inéluctable exclusion dans quatre mois.
Protéger Woerth
La démission forcée des deux ministres accrédite surtout l'idée que le pouvoir cherche un exutoire pour essayer de protéger Éric Woerth. Or, sacrifier deux personnes pour essayer d'en sauver une
troisième, plus gravement menacée, témoigne d'une grande panique au sommet. Panique déjà suggérée par les improvisations chaotiques de Nicolas Sarkozy sur le thème de la morale publique. Nul
doute que des sondages non publiés confirment le décrochage de son socle électoral, les plus de65 ans. Mais c'est un coup pour rien car Joyandet et Blanc seront vite oubliés. Ne serait-ce que
parce qu'ils n'étaient pas vraiment utiles puisqu'ils ne sont pas remplacés avec - comble d'humour involontaire - le ministre du développement rural désormais chargé de l'avenir du Grand
Paris.
Point de vue de Alain Joannes paru dans Le Télégramme
Photo MaxPPP
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